Etrange Lumière
10.24.2005
Ou ai je construit sur du vide?
Où est la part de vent, d'irréel, d'ennui?
Toujours les mêmes doutes, ses mots, ces images, qui s'entrechoquent et remuent dans mon ventre...
Il me manque, ou me manque l'attente?
Je l'attends, ou je cours devant lui?
Il me suit, ou je vois des fantômes?
Toujours les mêmes ombres, ses mots, ces images, et mon poing qui se renferme sur l'amorce du désir...
Il me manque, je le vois, je pourrais le toucher.
10.10.2005
Il écrit...
Il écrit des choses tristes, et des choses que je ne sais plus démêler, un assemblage d'histoires de nous et de morceaux de nous.Il écrit en touchant toujours juste, au plus près, ou parfois tellement loin de ce vide que je sens, en moi.
On s'est parlé longtemps,
Tu avais des mots tristes depuis ton enfance.
Ton goût pour le désespoir était une histoire d'affinité,
Ta noirceur s'entendait depuis toujours avec celle du monde.
Je crois bien avoir risqué quelques mots d'amour vers toi,
Il y a des éternités.
De mes funambules par dessus tes abysses,
J'ignore combien sont arrivés jusqu'à toi, saufs.
Tu as construit ta vie en gardant cette mélancolie,
En lui faisant la sourde oreille.
Parfois pourtant, elle revient, vieille compagne,
Et elle te glisse comme d'autres t'embrassent:
"A quoi ça sert ?"
Et quand j'arrive encore à lire dans tes yeux ces moments d'absence,
Que puis-je faire à part t'aimer encore.
10.01.2005
Flotter, disparaître, revenir
L’électricité me court au bout des doigts, une chanson crépitante, une tension, une amorce de mouvement qui me mord dans ma chair, à pleines dents.
Cette impatience qui s’aplanit comme lissée de la paume, inlassablement, encore et encore ramenée à un effort de chair, de peau, d’envies inexplorées et d’allants, plus qu’immobilité.
Une dune, je suis, battue par un grand vent, qui adoucit mes contours et me coupe le souffle.
Une mer calme, un détroit, où passent sans s’arrêter les émotions fantômes, cargos, sirènes, et ce port déserté que je fixe des yeux, à peine visible dans l’ombre, où se rejoignent peut être nos lèvres et nos mains.
Je te regarde partir et revenir en cercles concentriques, impuissante, les paumes tendues vers toi qui ne vois que mes yeux, et le mouvement de mon corps quand je m’éloigne de toi. Ma bouche t’appelle sans bruit, toi qui tends l’oreille vers ces mots que nous ramène le vent et qui crient au mensonge, à la peur, et aux doutes.
Une balise en pleine mer, je suis, ballottée par les vagues, les courants et pourtant, toujours là, entêtée, engourdie par le froid, rêvant de ta chaleur.
Une étoile de mer, je suis, et je tends tous mes bras vers ces différents possibles, qui renaissent à chaque coup de dent que tu portes sur moi.
Moi dont le vent souffle tous les espoirs et les emporte au loin.
Moi qui n’ai jamais vu cette mer, et la rêve sans doute.
