10.01.2005

Flotter, disparaître, revenir

L’électricité me court au bout des doigts, une chanson crépitante, une tension, une amorce de mouvement qui me mord dans ma chair, à pleines dents.

Cette impatience qui s’aplanit comme lissée de la paume, inlassablement, encore et encore ramenée à un effort de chair, de peau, d’envies inexplorées et d’allants, plus qu’immobilité.

Une dune, je suis, battue par un grand vent, qui adoucit mes contours et me coupe le souffle.

Une mer calme, un détroit, où passent sans s’arrêter les émotions fantômes, cargos, sirènes, et ce port déserté que je fixe des yeux, à peine visible dans l’ombre, où se rejoignent peut être nos lèvres et nos mains.

Je te regarde partir et revenir en cercles concentriques, impuissante, les paumes tendues vers toi qui ne vois que mes yeux, et le mouvement de mon corps quand je m’éloigne de toi. Ma bouche t’appelle sans bruit, toi qui tends l’oreille vers ces mots que nous ramène le vent et qui crient au mensonge, à la peur, et aux doutes.

Une balise en pleine mer, je suis, ballottée par les vagues, les courants et pourtant, toujours là, entêtée, engourdie par le froid, rêvant de ta chaleur.

Une étoile de mer, je suis, et je tends tous mes bras vers ces différents possibles, qui renaissent à chaque coup de dent que tu portes sur moi.

Moi dont le vent souffle tous les espoirs et les emporte au loin.

Moi qui n’ai jamais vu cette mer, et la rêve sans doute.